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Formation en ligne ouverte à tous

Article publié le 10/09/2018

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Aménagement du territoire et développement socialement durable

Jérôme Pelenc est chercheur à l’Université Libre de Bruxelles au Centre d’Etudes du Développement durable. Le développement humain responsable et l’aménagement du territoire sont ses principaux domaines de compétences.

Aménagement du territoire et développement socialement durable. Présentation de Jérôme Pelenc

Jérôme PELENC

00min57

Jérôme Pelenc est chercheur
en postdoctorat à l’Université Libre de Bruxelles au Centre d’Etudes du
Développement durable où il travaille sur les conflits d’aménagement dans la
région bruxelloise. Le développement humain responsable et l’aménagement du
territoire sont ses principaux domaines de compétences. Sa thèse de doctorat
soutenue en 2014 porte sur les réserves de biosphère périurbaines en France et
au Chili.

Cette vidéo fait partie du
projet MOOC Développement Socialement Durable (DSD). Dans ce MOOC
transdisciplinaire avec une dominante économique, une équipe d’experts vous
propose d’investiguer ensemble les interactions entre les sphères économique,
écologique et sociale ainsi que leurs effets sur les situations de pauvreté, de
vulnérabilité et d’exclusion.

 
 

 

Les enjeux socio-écologiques de l’aménagement du territoire

Jérôme PELENC

05min19

Jérôme Pelenc est chercheur
en postdoctorat à l’Université Libre de Bruxelles au Centre d’Etudes du
Développement durable où il travaille sur les conflits d’aménagement dans la
région bruxelloise. Le développement humain responsable et l’aménagement du
territoire sont ses principaux domaines de compétences. Sa thèse de doctorat
soutenue en 2014 porte sur les réserves de biosphère périurbaines en France et
au Chili.

Cette vidéo fait partie du
projet MOOC Développement Socialement Durable (DSD). Dans ce MOOC
transdisciplinaire avec une dominante économique, une équipe d’experts vous
propose d’investiguer ensemble les interactions entre les sphères économique,
écologique et sociale ainsi que leurs effets sur les situations de pauvreté, de
vulnérabilité et d’exclusion.

 
 

 

Un aménagement socialement et écologiquement durable est-ce possible ?

Jérôme PELENC

09min42

Jérôme Pelenc est chercheur en postdoctorat à l’Université Libre de
Bruxelles au Centre d’Etudes du Développement durable où il travaille sur les
conflits d’aménagement dans la région bruxelloise. Le développement humain
responsable et l’aménagement du territoire sont ses principaux domaines de
compétences. Sa thèse de doctorat soutenue en 2014 porte sur les réserves de
biosphère périurbaines en France et au Chili.
Cette vidéo fait partie du
projet MOOC Développement Socialement Durable (DSD). Dans ce MOOC
transdisciplinaire avec une dominante économique, une équipe d’experts vous
propose d’investiguer ensemble les interactions entre les sphères économique,
écologique et sociale ainsi que leurs effets sur les situations de pauvreté, de
vulnérabilité et d’exclusion.

 

Conceptions de durabilité en aménagement

Jérôme PELENC

09min55

Jérôme Pelenc est chercheur
en postdoctorat à l’Université Libre de Bruxelles au Centre d’Etudes du
Développement durable où il travaille sur les conflits d’aménagement dans la
région bruxelloise. Le développement humain responsable et l’aménagement du
territoire sont ses principaux domaines de compétences. Sa thèse de doctorat
soutenue en 2014 porte sur les réserves de biosphère périurbaines en France et
au Chili.

Cette vidéo fait partie du
projet MOOC Développement Socialement Durable (DSD). Dans ce MOOC
transdisciplinaire avec une dominante économique, une équipe d’experts vous
propose d’investiguer ensemble les interactions entre les sphères économique,
écologique et sociale ainsi que leurs effets sur les situations de pauvreté, de
vulnérabilité et d’exclusion.

 
 

Services écosystémiques et capabilités

Jérôme PELENC

11min14

Jérôme Pelenc est chercheur en postdoctorat à l’Université Libre de
Bruxelles au Centre d’Etudes du Développement durable où il travaille sur les
conflits d’aménagement dans la région bruxelloise. Le développement humain
responsable et l’aménagement du territoire sont ses principaux domaines de
compétences. Sa thèse de doctorat soutenue en 2014 porte sur les réserves de
biosphère périurbaines en France et au Chili.
Cette vidéo fait partie du
projet MOOC Développement Socialement Durable (DSD). Dans ce MOOC
transdisciplinaire avec une dominante économique, une équipe d’experts vous
propose d’investiguer ensemble les interactions entre les sphères économique,
écologique et sociale ainsi que leurs effets sur les situations de pauvreté, de
vulnérabilité et d’exclusion.

 

Conférences en vidéo

Article publié le 10/09/2018

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Un monde fini ? Environnement, croissance et croyances

Philosophes, économistes, historiens, démographes ou auteurs de fictions littéraires ou cinématographiques, ont diagnostiqué la faillite de l’idée de progrès et le déséquilibre croissant entre population et ressources naturelle, alors que les apocalypses n’en finissent pas de changer de visage et de nom : génocides, guerres et cataclysmes nucléaires, réchauffement climatique. Cette longue litanie paraît augurer, sinon de la fin du monde, du moins de celle de notre monde.

La fin du capitalisme ?

Thomas PIKETTY

56min38

Dans cette conférence, Thomas Piketty s’interroge sur la signification d’une possible « fin du capitalisme », ou plus précisément sur le type de transformation des rapports de propriété – ou de retour à des formes de rapports antérieurs – que sous-tendent les évolutions en cours. Pour cela, il remet dans une perspective longue l’histoire des différentes formes de possession et de structures inégalitaires.

Dans le prolongement des réflexions engagées dans son ouvrage « Le capital au XXIe siècle », il analyse en particulier la signification de tendances récentes telles que la remontée de la concentration des patrimoines et des revenus, l’interpénétration des détentions financières entre pays, la progression de la propriété immatérielle ou encore le développement de nouveaux propriétaires à but non lucratif.

Filmer la fin du monde, des origines du cinéma à la télévision

Myriam Tsikounas

55min36

À l’évocation de la fin du monde au cinéma, ce sont des images de blockbusters américains et japonais qui nous assaillent, bien avant toutes réalisations françaises. C’est cette vingtaine de films, pour la plupart oubliés, échelonnés entre 1924 (La Cité foudroyée, Luitz-Morat) et 2011 (Melancholia, Lars von Trier), qui seront évoqués ici.

Nous nous interrogerons sur les conditions de création de ces œuvres, leurs filiations et contraintes budgétaires, qui ont obligé les auteurs à expérimenter des dispositifs ingénieux pour rendre crédibles, malgré l’absence d’effets spéciaux, la destruction de la planète et son éventuelle réorganisation.

Nous observerons ensuite la manière dont ces récits ont évolué selon les connaissances, les enjeux,

les inquiétudes des sociétés successives ; comment, selon les époques, les cinéastes ont présenté la planète, imaginé les causes de la catastrophe et la réaction des humains à celle-ci.

Nous dégagerons enfin les principaux invariants de ce corpus : caractéristiques comparables des héros vivant à l’écran leurs derniers instants, impossibilité des réalisateurs à faire évoluer leurs personnages

à la surface terrestre et dans le présent du futur, à leur conserver leur intégrité corporelle et sensorielle.

Anthropocène : quand l’histoire humaine rencontre celle de la Terre

Jean-Baptiste FRESSOZ

1h02min58

Jean-Baptiste Fressoz, CNRS


Les scientifiques nous l’annoncent, la Terre est entrée dans une nouvelle époque : l’Anthropocène. Ce qui nous arrive n’est pas une crise environnementale, c’est une révolution géologique d’origine humaine. Depuis la révolution industrielle, notre planète a basculé vers un état inédit. Les traces de notre âge urbain, consumériste, chimique et nucléaire resteront des milliers voire des millions d’années dans les archives géologiques de la planète et soumettront les sociétés humaines à des difficultés considérables. Faisant dialoguer science et histoire, cette conférence vise à donner une réponse historique à une question simple : comment en sommes-nous arrivés là ?

Cette conférence a été donnée le 9 Avril 2018 à Aubervilliers.

Fin du monde, effondrement de sociétés : peurs et résilience

Serban Ionescu

57min43

Serban Ionescu, Université Paris VIII Vincennes - Saint-Denis
Depuis les temps les plus reculés de l’histoire, la fin du monde a toujours hanté l’imaginaire des humains, ce thème étant aussi ancien que la peur de mourir. La disparition de l’humanité, telle qu’annoncée pour le 21 décembre 2012 dans « Le Facteur Maya », constituerait selon Luc Mary la 183e prédiction de ce genre… Face à la fréquence de cette annonce et à ses conséquences, les chercheurs ont tenté d’avancer des explications : catharsis pour les angoisses quotidiennes, toujours plus grandes dans le monde actuel ? Expression de pathologies collectives ? Stratégie de manipulation et d’emprise sectaire pour des personnes vulnérables ? La diversité des hypothèses avancées concernant l’effondrement des sociétés et la fin du monde témoigne de la complexité de ce type de peur et souligne la nécessité d’envisager des interventions permettant de renforcer les processus de résilience individuelle et collective.

Cette conférence a été donnée le 12 Mars 2018 à Aubervilliers. 

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Le conflit israélo-palestinien

Article publié le 10/09/2018

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Conférences de Charles Enderlin

Correspondant de France Télévisions à Jérusalem de 1981 à 2015, Charles Enderlin a été le témoin privilégié de moments historiques du conflit israélo-palestinien. Au cours de trois conférences exceptionnelles, il revient sur cette question complexe

L'échec du processus de paix israélo-palestinien - Charles Enderlin

Charles Enderlin

1h28min26

Conférences Penser global






Correspondant de France Télévisions à Jérusalem de 1981 à 2015, Charles Enderlin a été le témoin privilégié de moments historiques du conflit israélo-palestinien. Au cours de trois conférences exceptionnelles, il revient sur la question complexe des relations israélo-palestiniennes. Que reste-t-il des espoirs d'apaisement entre Israël et Palestine ? Quelle place prend la religion dans ce conflit ? Enfin, comment a-t-il pu mener son travail journalistique au cœur de tensions aussi extrêmes ?


L'échec du processus de paix israélo-palestinien
lundi 14 mai - 17h30



25 ans après la poignée de main historique entre Yitzhak Rabin et Yasser Arafat devant la Maison blanche à Washington, que reste-t-il de l’espoir d’une paix entre Israël et l’OLP ? Les accords d’Oslo, étaient-ils intrinsèquement voués à l’échec ? Quelles sont les erreurs commises par les Israéliens, Yitzhak Rabin, Shimon Pérès, Ehud Barak, et les Palestiniens Yasser Arafat et Mahmoud Abbas ? Charles Enderlin analyse le bilan du processus d’Oslo et ses conséquences pour le Proche-Orient.

 


Le grand réveil du messianisme juif
mercredi 16 mai - 17h30



Le 7 juin 1967 est une date fondamentale dans l’histoire d’Israël et du judaïsme. À Jérusalem, pour la première fois depuis 2000 ans, des soldats juifs foulaient le sol du Mont où se dressaient les Temples de Salomon et d’Hérode. C’était le grand réveil du messianisme juif, dont les disciples, sionistes religieux, se sont lancés à la conquête de la Cisjordanie, qui est pour eux la Judée-Samarie biblique. Ils réclament le droit de prier sur le Mont qui est aussi Al Aqsa, le troisième lieu saint de l’Islam. Charles Enderlin analyse le développement de mouvement aujourd’hui central au sein de la société israélienne.


Journalisme. Correspondant à Jérusalem : entre Israéliens, Palestiniens et la rédaction
mardi 22 mai - 17h30



Franco-israélien, couvrant Israël, les territoires palestiniens, l’Égypte et la Jordanie, Charles Enderlin a été le correspondant de France Télévisions à Jérusalem pendant 34 ans. Il revient sur ses techniques d’approche des sources, sur les problèmes de langage qui se posent durant tout reportage, la nécessité de faire face aux pressions venues d’israéliens et de palestiniens, ainsi que de leurs divers partisans en France. Et révèle pourquoi dès l’été 1995, il était persuadé que Rabin ou Pérès seraient assassinés.

Charles Enderlin

Né à Paris en 1945, Charles Enderlin est un journaliste et écrivain franco-israélien. En 1971, il devient senior editor à Kol Israël, le service public de radio d'Israël. En 1981, il entre comme correspondant pigiste à Antenne 2. De 1991 à 2015, il est grand reporter et chef de bureau de France2 à Jérusalem.

Il a reçu plusieurs prix dont celui du festival international du Scoop d’Angers et le Prix de la Presse diplomatique en 2003. En 2009, il a reçu la Légion d’honneur à Jérusalem.

Charles Enderlin a écrit de nombreux ouvrages dont Les années perdues. Intifada et guerres au Proche Orient. 2001-2006, Editions Fayard, 2006 ; Par le feu et par le sang. Le combat clandestin pour l’indépendance d’Israël, 1936- 1948, Éditions Albin Michel Paris, 2008 ; « Le grand aveuglement » Israël et l’ascension irrésistible de l’Islam radical, Éditions Albin Michel, 2009 ; Un enfant est mort. Netzarim. 30 septembre 2000 Éditions Don Quichotte (Le Seuil), 2010 et Au nom du Temple. Israël et l’irrésistible ascension du messianisme juif (1967-2013), Le Seuil. Paris, 2013.

Il a également participé à l'écriture et aux enquêtes de plusieurs documentaires télévisés : Le rêve brisé, 2002 ; Les années de Sang, 2006 ; Terre Promise. Mythes et symboles du conflit au Proche Orient, 2008 et State 194. Head of research, 2013, réalisés par Dan Setton. En 2014, Charles Enderlin a écrit et réalisé Au nom du Temple, diffusé par France2.

Le grand réveil du messianisme juif - Charles Enderlin

Charles Enderlin

1h29min03

Conférences Penser global






Correspondant de France Télévisions à Jérusalem de 1981 à 2015, Charles Enderlin a été le témoin privilégié de moments historiques du conflit israélo-palestinien. Au cours de trois conférences exceptionnelles, il revient sur la question complexe des relations israélo-palestiniennes. Que reste-t-il des espoirs d'apaisement entre Israël et Palestine ? Quelle place prend la religion dans ce conflit ? Enfin, comment a-t-il pu mener son travail journalistique au cœur de tensions aussi extrêmes ?


L'échec du processus de paix israélo-palestinien
lundi 14 mai - 17h30



25 ans après la poignée de main historique entre Yitzhak Rabin et Yasser Arafat devant la Maison blanche à Washington, que reste-t-il de l’espoir d’une paix entre Israël et l’OLP ? Les accords d’Oslo, étaient-ils intrinsèquement voués à l’échec ? Quelles sont les erreurs commises par les Israéliens, Yitzhak Rabin, Shimon Pérès, Ehud Barak, et les Palestiniens Yasser Arafat et Mahmoud Abbas ? Charles Enderlin analyse le bilan du processus d’Oslo et ses conséquences pour le Proche-Orient.

 


Le grand réveil du messianisme juif
mercredi 16 mai - 17h30



Le 7 juin 1967 est une date fondamentale dans l’histoire d’Israël et du judaïsme. À Jérusalem, pour la première fois depuis 2000 ans, des soldats juifs foulaient le sol du Mont où se dressaient les Temples de Salomon et d’Hérode. C’était le grand réveil du messianisme juif, dont les disciples, sionistes religieux, se sont lancés à la conquête de la Cisjordanie, qui est pour eux la Judée-Samarie biblique. Ils réclament le droit de prier sur le Mont qui est aussi Al Aqsa, le troisième lieu saint de l’Islam. Charles Enderlin analyse le développement de mouvement aujourd’hui central au sein de la société israélienne.


Journalisme. Correspondant à Jérusalem : entre Israéliens, Palestiniens et la rédaction
mardi 22 mai - 17h30



Franco-israélien, couvrant Israël, les territoires palestiniens, l’Égypte et la Jordanie, Charles Enderlin a été le correspondant de France Télévisions à Jérusalem pendant 34 ans. Il revient sur ses techniques d’approche des sources, sur les problèmes de langage qui se posent durant tout reportage, la nécessité de faire face aux pressions venues d’israéliens et de palestiniens, ainsi que de leurs divers partisans en France. Et révèle pourquoi dès l’été 1995, il était persuadé que Rabin ou Pérès seraient assassinés.

Charles Enderlin

Né à Paris en 1945, Charles Enderlin est un journaliste et écrivain franco-israélien. En 1971, il devient senior editor à Kol Israël, le service public de radio d'Israël. En 1981, il entre comme correspondant pigiste à Antenne 2. De 1991 à 2015, il est grand reporter et chef de bureau de France2 à Jérusalem.

Il a reçu plusieurs prix dont celui du festival international du Scoop d’Angers et le Prix de la Presse diplomatique en 2003. En 2009, il a reçu la Légion d’honneur à Jérusalem.

Charles Enderlin a écrit de nombreux ouvrages dont Les années perdues. Intifada et guerres au Proche Orient. 2001-2006, Editions Fayard, 2006 ; Par le feu et par le sang. Le combat clandestin pour l’indépendance d’Israël, 1936- 1948, Éditions Albin Michel Paris, 2008 ; « Le grand aveuglement » Israël et l’ascension irrésistible de l’Islam radical, Éditions Albin Michel, 2009 ; Un enfant est mort. Netzarim. 30 septembre 2000 Éditions Don Quichotte (Le Seuil), 2010 et Au nom du Temple. Israël et l’irrésistible ascension du messianisme juif (1967-2013), Le Seuil. Paris, 2013.

Il a également participé à l'écriture et aux enquêtes de plusieurs documentaires télévisés : Le rêve brisé, 2002 ; Les années de Sang, 2006 ; Terre Promise. Mythes et symboles du conflit au Proche Orient, 2008 et State 194. Head of research, 2013, réalisés par Dan Setton. En 2014, Charles Enderlin a écrit et réalisé Au nom du Temple, diffusé par France2.

Journalisme. Correspondant à Jérusalem : entre Israéliens, Palestiniens et la rédaction - Charles Enderlin

Charles Enderlin

39min35

Conférences Penser global






Correspondant de France Télévisions à Jérusalem de 1981 à 2015, Charles Enderlin a été le témoin privilégié de moments historiques du conflit israélo-palestinien. Au cours de trois conférences exceptionnelles, il revient sur la question complexe des relations israélo-palestiniennes. Que reste-t-il des espoirs d'apaisement entre Israël et Palestine ? Quelle place prend la religion dans ce conflit ? Enfin, comment a-t-il pu mener son travail journalistique au cœur de tensions aussi extrêmes ?


L'échec du processus de paix israélo-palestinien
lundi 14 mai - 17h30



25 ans après la poignée de main historique entre Yitzhak Rabin et Yasser Arafat devant la Maison blanche à Washington, que reste-t-il de l’espoir d’une paix entre Israël et l’OLP ? Les accords d’Oslo, étaient-ils intrinsèquement voués à l’échec ? Quelles sont les erreurs commises par les Israéliens, Yitzhak Rabin, Shimon Pérès, Ehud Barak, et les Palestiniens Yasser Arafat et Mahmoud Abbas ? Charles Enderlin analyse le bilan du processus d’Oslo et ses conséquences pour le Proche-Orient.

 


Le grand réveil du messianisme juif
mercredi 16 mai - 17h30



Le 7 juin 1967 est une date fondamentale dans l’histoire d’Israël et du judaïsme. À Jérusalem, pour la première fois depuis 2000 ans, des soldats juifs foulaient le sol du Mont où se dressaient les Temples de Salomon et d’Hérode. C’était le grand réveil du messianisme juif, dont les disciples, sionistes religieux, se sont lancés à la conquête de la Cisjordanie, qui est pour eux la Judée-Samarie biblique. Ils réclament le droit de prier sur le Mont qui est aussi Al Aqsa, le troisième lieu saint de l’Islam. Charles Enderlin analyse le développement de mouvement aujourd’hui central au sein de la société israélienne.


Journalisme. Correspondant à Jérusalem : entre Israéliens, Palestiniens et la rédaction
mardi 22 mai - 17h30



Franco-israélien, couvrant Israël, les territoires palestiniens, l’Égypte et la Jordanie, Charles Enderlin a été le correspondant de France Télévisions à Jérusalem pendant 34 ans. Il revient sur ses techniques d’approche des sources, sur les problèmes de langage qui se posent durant tout reportage, la nécessité de faire face aux pressions venues d’israéliens et de palestiniens, ainsi que de leurs divers partisans en France. Et révèle pourquoi dès l’été 1995, il était persuadé que Rabin ou Pérès seraient assassinés.

Charles Enderlin

Né à Paris en 1945, Charles Enderlin est un journaliste et écrivain franco-israélien. En 1971, il devient senior editor à Kol Israël, le service public de radio d'Israël. En 1981, il entre comme correspondant pigiste à Antenne 2. De 1991 à 2015, il est grand reporter et chef de bureau de France2 à Jérusalem.

Il a reçu plusieurs prix dont celui du festival international du Scoop d’Angers et le Prix de la Presse diplomatique en 2003. En 2009, il a reçu la Légion d’honneur à Jérusalem.

Charles Enderlin a écrit de nombreux ouvrages dont Les années perdues. Intifada et guerres au Proche Orient. 2001-2006, Editions Fayard, 2006 ; Par le feu et par le sang. Le combat clandestin pour l’indépendance d’Israël, 1936- 1948, Éditions Albin Michel Paris, 2008 ; « Le grand aveuglement » Israël et l’ascension irrésistible de l’Islam radical, Éditions Albin Michel, 2009 ; Un enfant est mort. Netzarim. 30 septembre 2000 Éditions Don Quichotte (Le Seuil), 2010 et Au nom du Temple. Israël et l’irrésistible ascension du messianisme juif (1967-2013), Le Seuil. Paris, 2013.

Il a également participé à l'écriture et aux enquêtes de plusieurs documentaires télévisés : Le rêve brisé, 2002 ; Les années de Sang, 2006 ; Terre Promise. Mythes et symboles du conflit au Proche Orient, 2008 et State 194. Head of research, 2013, réalisés par Dan Setton. En 2014, Charles Enderlin a écrit et réalisé Au nom du Temple, diffusé par France2.

Un thème, un conférencier, 1 h. maxi

Article publié le 11/06/2018

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Alexandre Moatti : concepteur et éditeur de la chaîne vidéo cultureGnum

CultureGnum est un site de la chaîne vidéo d'humanités et de culture générale (Fondation Maison des sciences de l'homme) qui propose des vidéos de conférenciers (filmés en gros plan), de durée 35 à 55 minutes à qui iI est demandé de choisir un sujet pas trop spécialisé et de le traiter de manière pas trop général.

La véritable histoire de la Belle Époque

Dominique Kalifa

52min33

La véritable histoire de la Belle Époque, par Dominique Kalifa, professeur d'histoire comtemporaine, Université Paris 1 Panthéon - Sorbonne, Institut Universitaire de France, Centre d'histoire du XIXe siècle.

Dominique Kalifa propose, dans son ouvrage, de
faire l’histoire de l’expression ‘La Belle Époque’, et de l’imaginaire
rétrospectif qu’elle véhicule. La vulgate couramment admise est que cette
expression a été forgée après les horreurs de la Première Guerre mondiale (et
généralement cette même vulgate ajoute : « et cette Belle Époque ne
le fut pas pour tous »…). C‘est un peu plus compliqué que cela : sans
remettre en question ce fait de langage,
il s’agit d’élucider le contenu de l’expression, ainsi que son apparition.

On appelle chrononyme
le nom ainsi donné à une période de temps : ‘Belle Époque’, ‘Années
Folles’ (années 1920), ’Trente Glorieuses’ (mais aussi ‘Moyen-Âge’ ou ‘Ancien
Régime’) en sont des archétypes. Attachons-nous donc à ce chrononyme-là. Quand
finirait-elle ? Là-dessus, tout le monde est d’accord : 1914 et le
début de la Grande Guerre. Et quand commence-t-elle (rétrospectivement bien
sûr) ? Les avis sont là plus partagés : 1889, avec la Tour Eiffel et
le centenaire de la Révolution ? 1894 ou 1898, avec les étapes importantes
de l’Affaire Dreyfus ? 1900, la « grande » Exposition
Universelle (avec plus de 50 millions de visiteurs) ? 1901, la première
année du siècle ? Ou 1896, année que les économistes voient comme entamant
un cycle de forte croissance (de 3 à 5% l’an – et la prospérité économique est
un attribut de l’époque) ?

La dater précisément est bien sûr illusoire puisque,
nous l’avons dit, ‘Belle Époque’ est une catégorie rétrospective, parfois
teintée de nostalgie bergsonienne ou proustienne. Les contemporains n’ont pas
nommé leur temps, à l’exception de quelques lettrés qui parlent de « Fin
de siècle ». Et même dans les années 1920, personne n’utilise le
chrononyme : on parle d’avant-guerre,
et Léon Daudet évoque assez logiquement l’entre-deux-guerres,
dès 1915. L’époque des années 1920 veut s’amuser, avec le fox-trot, le
charleston, Valentino : pourquoi chercherait-elle à avoir un regard
rétrospectif sur la période qui a amené au désastre de la guerre ? Une
exception toutefois avec la chanson réaliste, qui était nostalgique : mais
c’est un genre qui l’était déjà en 1900, en 1880 !

Un premier indice dans l’enquête historiographique
vient avec la publication (1931) de l’essai de Paul Morand (1888-1976), 1900, où il critique violemment le début
de siècle, notamment sur le plan de l’art « 1900 », de la littérature.
Même de manière critique, c’est sans doute la première fois où l’on identifie
la période par ses traits culturels (art, mais aussi politique : du dreyfusisme
à la loi de 1905), avec un premier chrononyme : 1900. C’est d’ailleurs en réaction à cet ouvrage et cette critique
de Paul Morand que naît une première exaltation de la période.

Dans les arts du spectacle, La Dame de chez Maxim’s (pièce de Feydeau de 1899…) fait son
apparition au cinéma avec Alexandre Korda en 1932. En littérature, si un Arsène Lupin de Maurice Leblanc en 1925
ne diffère guère d’un Arsène Lupin de
1912, plusieurs auteurs commencent à concevoir des cycles romanesques liés à
une période donnée, notamment le début de siècle : Aragon, Georges Duhamel
(les Pasquier), Jules Romains, Roger
Martin du Gard (les Thibault). Jean
Cocteau, quant à lui, parle en 1935 d’un rideau qui tombe en 1914. Si tout ceci
apparaît à ce moment, c’est aussi parce que les années 1930 rejouent la même
période : une période d’inquiétude, qui renvoie au précédent avant-guerre,
soudain projeté à nouveau dans l’histoire…


Mais c’est sous l’Occupation, à partir d’octobre 1940,
que la chrononymie se systématise, avec l’émission récurrente à succès de la
radio allemande Radio-Paris (dépendant du Propaganda
Abteilung) : émission présentée par André Alléhaut en début de soirée,
Ah ! la Belle Époque !. (sous
titre : Croquis musical de l’année
1900). Pour la première fois, on a une claire identification à l’époque
concernée, avec ses morceaux de musiques, ses modes vestimentaires. L’émission
est divertissante, habilement menée (il s’agissait pour Radio-Paris de faire
autre chose que de la propagande, et de s’assurer ainsi une audience captive) ;
elle se prolonge au music-hall au Palace, et a un grand succès jusqu’à la
Libération.

La véritable « histoire de la Belle Époque »
commencerait là : avant c’était préhistoire ou proto-histoire…. Pourquoi
le mythe trouve-t-il un terreau fertile à ce moment-là ? Radio-Paris, la
radio allemande, a besoin d’amuser les Français. Et le théâtre a besoin
d’amuser les soldats allemands, en poste ou en permission à Paris (Paris était
un haut lieu de permissions pour les soldats de l’Est) : quoi de mieux pour
cela que les p’tites femmes du Paris de la Belle Époque, les frous-frous et les
maris dans le placard ? Ceci cadrait aussi avec le projet nazi du Reich
millénaire, où la France avait le rôle à la fois de grenier agricole et de
havre du luxe (articles de Paris, parfums, etc.), parfaitement adapté à cette
mise en exergue de la Belle Époque…

L’époque de l’Occupation était aussi une époque
« rétro », puisque la circulation automobile avait considérablement
diminué ; des fiacres étaient réapparus, comme ceux circulant quarante ans
auparavant…



On aurait pu penser que « la Belle Époque » fût
congédiée à la Libération, car si complaisamment mise en scène sous l’Occupation,
mise en scène par ailleurs si décalée avec les horreurs de la Guerre. Il n’en
fut rien, et bien au contraire la période 1945-1960 fut l’apothéose de la
référence à la Belle Époque ! On compte 60 longs métrages français sur le
sujet ; et dès 1948 un film d’archives de Nicole Vedrès (1911-1965), Paris 1900, raconte la vie d’avant 1914
avec 700 documents d’archives… Le film est présenté au Festival de Cannes en
1947 et reçoit le prix Louis-Delluc la même année. Viennent à paraître aussi
des mémoires tardifs de témoins de la Belle Époque, comme plusieurs ouvrages
d’André Billy (1882-1971).


Un autre phénomène est à noter : celui du succès qui
éclate alors des peintres cubistes de toutes origines (comme Picasso), actifs à
Paris dans les années 1900-1910. Ils eurent tendance, et la presse avec eux, à
« réhabiliter » leur histoire, et donc cette période des années 1910
où ils étaient des peintres « maudits » – c’est ainsi que la (re)connaissance
de la Belle Époque se poursuit…

On peut aussi penser que la Belle Époque continue à
jouer son rôle de mythe nostalgique, dans une France en déclin (malgré la fin
de la Guerre), où l’empire colonial est contesté, où Paris a perdu au profit de
New York son rôle de capitale culturelle mondiale (celui des années 1910,
justement), où l’inquiétude subsiste sur la pérennité de la paix (guerre de
Corée, Guerre froide,…). On a besoin de la Belle Époque pour se réconforter, à
nouveau…



Dans les années 1960-1970, la France se modernise. La
Belle Époque n’est plus à la mode. Ou plutôt d’autres « Belles
Époques », c’est-à-dire la même période mais figurant d’autres acteurs que
les femmes et hommes du grand monde parisien : des acteurs comme les
anarchistes, les féministes des années 1880, faisant eux-mêmes écho aux luttes
de la période (Mai 68). Ainsi redécouvre-t-on un auteur comme Georges Darien
(1862-1921), critique contemporain de sa … « Belle Époque », dans son
ouvrage La Belle France (1898). L’imaginaire
des années 1900 se reconfigure provisoirement ainsi.


Dans les années 1980, un phénomène notable est celui
de l’explosion des collections de cartes postales anciennes, apparaissant dans
toutes les brocantes, les marchands, sorties des greniers… Justement ces mêmes
cartes postales qui avaient commencé d’être commercialisées à la Belle Époque.
On recense aussi une centaine d’ouvrages de type géographique (Rouen, Arcachon,
etc. à la Belle Époque), mobilisant ces cartes postales autour d’un texte plus
ou moins étoffé. Ainsi l’image de la Belle Époque quitte-t-elle, là encore, les
milieux mondains parisiens, de manière différente : elle se diffracte
géographiquement, dans quasi tous les villes et villages de France ( « la
Belle Époque près de chez nous »), et partant se démocratise (ce n’est
plus Boni de Castellane à Paris, mais « mon grand-père et sa carriole à la
Belle Époque »).





Dernier point géo-historiographique : l’usage
international du mot. Il est couramment employé en italien, à partir des années
1950 (dans son expression française bien sûr : ex. Milano Belle Époque), et sans doute pour les mêmes raisons qu’en
France à la même période. C’est aussi une catégorie académique (avec des
ouvrages comme Dalla « belle
époque » al fascismo), encore active de nos jours.

Signalons aussi, en anglais, un usage (toujours en
français bien sûr) lié à la mode, sous l’impulsion de Diana Vreeland
(1903-1989, directrice du Harper’s Bazaar
puis de Vogue) et de l’exposition
qu’elle organise sur la Belle Époque au MET en 1982. Mais l’acception se limite
dans ce cas à un label accordé à une mode vestimentaire et picturale (arts de
type décoratif).

En français, l’expression reste vivace et clairement
identifiée à la période concernée ; notons cependant un emploi parfois
équivalent des Années Folles pour désigner la période d’avant 1914 : c’est
une confusion (puisque les Années Folles désignent plutôt les années 1920), due
sans doute au fait que les deux périodes dégagent un parfum nostalgique de
gaîté et d’insouciance.



Voilà où nous en sommes, à ce jour, sur
l’historiographie de la Belle Époque, ce chrononyme se prêtant particulièrement
bien à pareille recherche : celle-ci n’est pas terminée, d’autres éléments
peuvent être retrouvés, apportant un éclairage nouveau. C’est le travail de
l’historien d’améliorer et de reconsidérer ses catégories, et dans ce cas
d’éclairer une époque (pas forcément la sienne : une époque antérieure)
par la perception qu’elle en a d’une autre (plus antérieure encore).




(Résumé
de l'intervention vidéo cultureGnum de
Dominique Kalifa réalisé par Alexandre Moatti, avril 2018)

Les Trente Glorieuses, 1945-1975

Régis BOULAT

1h11min03

Les Trente Glorieuses, 1945-1975, par Régis Boulat, Maître de conférences à l'Université de Haute-Alsace.

De
1946 à 1975, la France connaît une croissance annuelle d’environ 5% l’an ;
ces années de convergence (modulée, nous l’allons voir) avec la croissance et
le mode de vie américains sont marquées par une modification radicale de la
ville et des campagnes, du rapport à la consommation, des rapports sociaux et
familiaux, de la démographie. C’est l’expert et économiste Jean Fourastié
(1907-1990) qui invente le chrononyme de « Trente Glorieuses » (sur
le modèle, assez lointain dans le temps et dans la portée, des Trois Glorieuses
de juillet 1830), dans son ouvrage de 1979 – alors que déjà l’âge d’or s’est
éloigné aux yeux de tous : « Ne doit-on pas dire glorieuses les 30
années […] qui ont fait passer la France de la vie végétative traditionnelle au
niveau de vie aujourd’hui contemporain ? »


Un
premier bémol est à poser quant au début de la période : l’embellie ne
démarre qu’au milieu des années 1950, il serait plus juste de parler de
« Vingt Glorieuses » : le rationnement alimentaire subsiste
jusqu’en 1949, et en 1954, en pleine crise du logement, l‘Abbé Pierre lance son
fameux appel. L’état du pays au sortir de la
guerre n’était guère brillant. Si les pertes humaines sont moins importantes
pendant la Seconde Guerre mondiale que la Première, il n’en est pas de même des
dommages matériels : 1 million d’immeubles détruits, un réseau ferré en
grande partie inutilisable, de graves pénuries d’électricité et d’énergie en
général, les productions industrielle et agricole au plus bas. Face à l’ampleur
de la situation, les pouvoirs publics mettent en œuvre un dirigisme accru (qui
était apparu après 1918, mais va croître) : selon les mots de P.
Rosanvallon, « l’économie cesse d’être considérée comme un donné, pour être
appréhendée comme un construit » – la croissance, le pouvoir d’achat ne
sont plus des résultats et des soldes, mais deviennent des objectifs. Il s’agit
aussi de mettre en place une démocratie sociale (« l’État-providence »):
création de la Sécurité Sociale (1945), du SMIG salaire minimum
interprofessionnel garanti (1950).

Le
dirigisme se traduit aussi par l’apparition de la planification, avec le Commissariat
du Plan (1946), confié à Jean Monnet. Ce « Club des Optimistes » rassemble
des experts comme Paul Delouvrier, le polytechnicien Alfred Sauvy, et bien sûr
Jean Fourastié. Ce dernier s’est distingué comme expert en matière d’assurances,
ainsi qu’en matière de comptabilité nationale. En 1945, son ‘Que
sais-je ?’, consacré à L’Économie
française dans le monde, consacre la notion de productivité comme mesure du
« progrès » ; à la suite de son voyage aux USA (non touchés par
les dommages, et en course vers l’abondance), Fourastié popularise les notions
de l’économiste Colin Clark (1905-1989), sur les secteurs primaire, secondaire,
tertiaire.

Les
années 1944-1947 ne se traduisent pas, comme on l’a dit, par un
« redécollage » des pays européens : au contraire, les pénuries
perdurent, les importations creusent les balances des paiements et mettent en
danger les équilibres des monnaies ; ce qui amène les USA à intervenir,
pour préserver cet équilibre. L’European
Recovery Program (rapidement désigné Plan Marshall, et constitué à 80% de subventions) est lancé, courant
de 1948 à 1952. L’OECE (Organisation européenne de coopération économique) est
créée en avril 1948 par les Européens pour coordonner ce plan, et éviter les
discussions bilatérales entre chaque pays et les USA. 12 milliards de dollars
percolent sur l’Europe, au bénéfice du Royaume-Uni (25%), de la France (21%),
de l’Italie (12%). L’objectif des Américains est à la fois économique (rétablir
un grand marché de consommation, éviter des déflations abruptes) et politique
(contrer la menace soviétique en Europe de l’Ouest). La France est l’objet
d’une attention particulière, à cause du poids de son syndicalisme (CGT) mais
aussi à cause d’une certaine vision « malthusienne » du patronat familial
français (l’entreprise est plus un objet de patrimoine que de croissance, comme
le décrit le jeune historien américain David Landes en 1949).

Enfin,
autre point caractéristique de la période : la démographie, avec le fameux
baby-boom. Le taux de fécondité dépasse 2,6% sur les trente années
concernées : la population française augmente de 13 millions d’habitants
de 1946 à 1976. Avec un niveau d’éducation qui augmente : le taux de
scolarisation à 18 ans passe de 17% en 1957 à 54% en 1975.


Mais
qui était Fourastié, comme archétype de ces « modernisateurs
planificateurs » ? C’est d’abord un expert (par exemple : membre
de la délégation française à l’OECE) ; mais c’est aussi un vulgarisateur –
il inaugure le genre de l’essai économique à destination du grand public (avec
son ouvrage Le Grand Espoir du xxe
siècle. Progrès technique, progrès économique, progrès social, PUF, 1949).
Dans le ‘Que sais-je ?’ Les Arts
ménagers (1950), co-écrit avec sa femme, il vante la productivité en cours
du travail domestique, et les possibilités d’épanouissement intellectuel et
culturel que cet accroissement procure. Expert, vulgarisateur : Fourastié
est aussi enseignant, à SciencesPo, à l’ENA, à l’EPHE, et
succède en 1964 à François Divisia à la chaire d’Économie et statistique
industrielle du CNAM, où il dispense depuis 1941 un cours d’histoire économique
des assurances. Dans ces différents postes, il contribue à former les
« élites » de la nation, en leur faisant valoir l’importance de la
notion de productivité. Notion très en vogue mais aussi très polysémique, qui
devient quasi synonyme de croissance,
et quasi-même un état d’esprit.


Poursuivons
suite à l’immédiat après-guerre. Les années 1950 voient une forte croissance de
la sidérurgie et du bâtiment (construction de logements nouveaux), ainsi que du
secteur agricole (le nombre de tracteurs triple entre 1950 et 1957), sachant
que la productivité agricole libère de la main d’œuvre pour les autres
secteurs. Un ouvrage (H. Mendras, La Fin
des paysans, 1967), au titre provocateur, décrit les augmentations de
taille des exploitations, la mécanisation (fondée sur l’endettement…) ; le
monde agricole passe de 7 millions d’actifs en 1945 à 2 millions en 1975. Quant
aux années 1960, elles voient une augmentation de la croissance, qui atteint
d’autres secteurs ; s’y amorce toutefois une forme de désindustrialisation
(textile, mines, sidérurgie), qui passe inaperçue compte tenu de l’expansion d‘autres
secteurs, demandeurs de main d’œuvre.

Diverses
mutations sociales ont lieu : la multiplication des emplois ouvriers non
qualifiés (OS, notamment : femmes, immigrés), mais aussi, corrélativement,
celle des emplois ouvriers qualifiés, permettant de parler d’une
« nouvelle classe ouvrière », qui se rapproche de la classe moyenne
et se fond dans une société de consommation indifférenciée. Apparaît aussi,
avec l’augmentation du tertiaire (35% en 1946, 50% en 1975), l’essor des
cadres : la catégorie « cadres et agents de maîtrise » passe de
75 000 p. en 1955 à 255 000 en 1975.

La
construction bat son plein, avec le déficit de logements (manquent 4 millions
de logements en 1946), et la demande créée par l’exode rural, les rapatriés,
puis l’immigration. Les grands ensembles, qui apparaissent aujourd’hui comme un
modèle de développement catastrophique, ne sont pas perçus ainsi à
l’époque : ils permettent une amélioration très sensible de la salubrité,
avec eau courante, toilettes dans l’appartement, chauffage central (en 1954,
86% des logements étaient sans douche ni baignoire).

La
hausse des revenus pour de nombreuses catégories de population fait entrer la
France dans la société de consommation (ce que moquent à l’époque la chanson
La Complainte du Progrès, de B. Vian,
1956, « Un frigidaire | Un joli scooter | Un atomixer », ou le roman
de G. Perec, Les Choses, 1965).
Ainsi, la part des dépenses strictement alimentaires dans le budget des ménages
chute-t-elle de 40% en 1954 à 25% en 1974. C’est aussi l’appareil de
distribution qui se transforme complètement, dans une inspiration à nouveau états-unienne
: en 1949 E. Leclerc crée son premier magasin discount à Landernau, en 1963 les
familles Defforey et Fournier (Carrefour) ouvrent le plus grand hypermarché à
Sainte-Geneviève-des-Bois (Seine-et-Oise). Cette découverte de l’abondance va
de pair avec un endettement croisant (essor des sociétés de crédit comme
Sofinco, créé par la Fédération de l’ameublement en 1951, ou Cetelem, Crédit à
l’équipement électroménager, créé en 1953), ainsi qu’avec une bancarisation de
la population (en 1972, 66% des ménages possèdent un compte bancaire, contre
18% en 1966).

La
mutation culturelle va se faire progressivement dans la période. Malgré la
croissance et l’abondance, les valeurs de la première partie de la période
étaient héritées de la IIIe République (endurance, prévoyance,
tempérance) ; elles font place progressivement à celles de la société de
consommation, dans un tournant qu’on peut dater vers 1965 (et qui explosera
lors du mouvement de Mai 68). Hors les critiques déjà mentionnées (Vian,
Perec), citons le cinéaste Jacque Tati, qui dans ses films décrit un humanisme
villageois bien français, face à l’envahissement de la bureaucratie et de la
modernité. Aussi, à une critique marxiste du modèle, s’ajoute une critique en
provenance des chrétiens de gauche : ainsi c’est J.-M. Domenach qui
invente, dans la revue Esprit, le
terme « société de consommation », repris en 1971 par le sociologue
Jean Baudrillard.


Finalement,
le « miracle » de ces plutôt 20 Glorieuses (1955-1975) prend fin au
milieu des années 1970, avec le premier choc pétrolier et la fin du système de
change fixe, hérité de Bretton Woods (1944), système qui favorisait la
croissance en limitant la concurrence entre pays. Pour les Européens au milieu
des années 1970, ce sont à la fois le coût de l’énergie et celui du dollar qui
vont augmenter.

Rappelons
aussi que certains historiens contemporains (Une Autre Histoire des Trente Glorieuses, La Découverte, 2013) ont
analysé à raison la période comme étant d’une empreinte environnementale
majeure (pétrole, automobile, construction, etc.). Elle correspondit à une
véritable « pétrolisation » de l’économie, avec la pollution (air,
eau) y afférant, et l’envolée des déchets, aussi bien domestiques
qu’industriels (déchets plus toxiques, moins biodégradables – le nucléaire
faisant partie de ces derniers).





(Résumé
de l'intervention vidéo cultureGnum de Régis
Boulat
réalisé par Alexandre Moatti, mai 2018)

Histoire de l'Internet

Valérie SCHAFER

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Histoire de l'Internet
Partie 1 : les reseaux de données dans les années 70
Partie 2 : l'enfance numérique de la France dans les années 80

Partie 3 : la toile dans les années 1990

Martin Luther et la Réforme

Pierre-Olivier LÉCHOT

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par Pierre-Olivier Léchot, professeur d'histoire moderne à l'Institut protestant de théologie (Paris).

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